Retour au Dossier de presse

21 juillet 2006 journal Acces des Basses-Laurentides

Texte de Marc-André Morin à la Tribune
En réaction à l'arcticle sur l'exploration à ciel ouvert des mines d'uranium à
Mont-Laurier, paru dans Accès, le 16 juin.

Pour en finir avec l'uranium.

Au cas où il vous resterait une forme de sympathie pour le nucléaire (du genre: mal nécessaire; alternative au charbon, au pétrole; source abondante; pas cher; dont les seuls inconvénients sont: la gestion des déchets radioactifs et le danger de prolifération d'armes pour les terroristes, les états voyous et les têtes enflées au sud de la frontière), voici quelques arguments supplémentaires pour enfoncer le clou un peu plus creux.

Les grandes questions technologiques auxquelles notre société doit répondre font l'objet de manipulations comme tout le reste. Nous nous faisons servir des clichés, des demi vérités et des statistiques boiteuses. Heureusement il existe des sources alternatives d'information, tel la revue World-Watch, qui publiait récemment un dossier très élaboré sur le nucléaire. Ce sont des spécialistes qui fouillent pour nous dans le fond du tas de statistiques et d'informations pour sortir ce qu'on tentait d'y cacher.

Au début des années 80, suite à l'accident de Three Miles Island, l'industrie nucléaire prit conscience de problèmes sérieux dans la sécurité d'installations supposément infaillibles. Le coût des correctifs pour sécuriser les centrales a poussé à la faillite de nombreuses compagnies. Sur les 441 réacteurs construits depuis les années soixante, 116 ont été fermés de façon permanente. L'augmentation de production se fait principalement en empiétant sur la marge de sécurité, poussant la production au maximum et l'entretien au minimum.

L'industrie n'a pas eu besoin des environnementalistes acharnés pour se mettre à terre, le marché a fait le travail: à 15.6 cents US du KW, sans compter la gestion des déchets, l'assurance en cas d'accident, ni les dépenses de sécurité reliées au contrôle des armes nucléaires, on est toujours au double du côut de n'importe quelle source d'énergie.

On continue de nous présenter le nucléaire comme une industrie fleurissante, même si la plupart des ingénieurs qui ont conçu les centrales maintenant en opération ont pris leur retraite et de nombreuses universités ont fermé leurs programmes d'ingénierie nucléaire.

Non seulement le nucléaire n'est pas une solution à cause de son coût prohibitif, mais ralentirait la transition vers des sources renouvelables par les délais d'implantation (10 ans en moyenne pour une centrale). Les avancées technologiques des dernières années visant à rendre le nucléaire plus fiable ont eu pour effet de faire augmenter le coût des centrales et la gestion des déchets n'est toujours pas réglée.

Dix ans après être sorti du réacteur, un élément de combustible usé est tellement radioactif, que sans son enveloppe protectrice, il tuerait en trois minutes une personne se tenant à un mètre de distance.

L'industrie nucléaire, comme l'industrie pétrolière, veut nous faire vivre une tranche de passé, mais les sources d'énergie renouvelables, hydro-électricité, éolienne, photovoltaïque, dépassent déjà la production du nucléaire et selon l'OCDE d'ici trente ans absorberont le tiers des investissements du secteur énergétique.

Plus près de chez nous, dans la région de Mont-Laurier on veut nous faire participer à un autre épisode de Back to the future , en ouvrant une mine d'uranium, mais nous ne voulons pas sacrifier le patrimoine des générations à venir pour un navet qui ne fera qu'un bref passage à l'écran.

Marc –André Morin

Voir les sources de la revue World-Watch en format PDF : EP193MAIJUIN06.pdfEP193MAIJUIN06.pdf & EP194JUILAOUT06.pdfEP194JUILAOUT06.pdf

Retour au Dossier de presse